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Asthme et BPCO : mesurer votre souffle au cabinet

Vous toussez depuis des semaines. Vous sifflez la nuit. Vous êtes essoufflé dans l'escalier. Ou vous fumez depuis des années, sans gêne particulière. Au cabinet, un examen simple de vingt minutes, la spirométrie, mesure l'état de vos poumons.

Deux maladies des bronches

Asthme ou BPCO : quelle différence ?

Dans les deux cas, l'air passe mal dans les bronches, les tuyaux qui conduisent l'air aux poumons. Mais ce ne sont pas les mêmes personnes, ni la même évolution.

  • L'asthme

    Il commence souvent dans l'enfance, mais peut apparaître à tout âge. Les bronches se resserrent par crises : toux, sifflements, poitrine serrée, souvent la nuit, à l'effort, au froid ou avec la poussière. Entre les crises, on respire normalement. Bien soigné, il laisse vivre normalement.

    Soigner l'asthme
  • La BPCO

    Broncho-pneumopathie chronique obstructive : un nom compliqué pour des bronches abîmées durablement, le plus souvent par le tabac. Elle touche surtout après 40 ans. Elle commence par une toux grasse le matin et des bronchites l'hiver, puis l'essoufflement s'installe, lentement. Le souffle perdu ne revient pas : d'où l'intérêt de la repérer tôt.

    Vous fumez ou avez fumé

À La Réunion, on est plus souvent hospitalisé pour l'asthme et pour la BPCO qu'en métropole, selon Santé publique France.

Fumeurs et anciens fumeurs

Vous fumez ou avez fumé ? Faites contrôler vos poumons

La BPCO se repère avant d'être gênante, à condition de la chercher. Répondez à ces cinq questions, celles de la Haute Autorité de santé.

  1. Toussez-vous souvent, tous les jours ?
  2. Avez-vous souvent une toux grasse ou qui ramène des crachats ?
  3. Êtes-vous plus facilement essoufflé que les personnes de votre âge ?
  4. Avez-vous plus de 40 ans ?
  5. Fumez-vous, ou avez-vous fumé ?

Deux « oui » ou plus : demandez une spirométrie. C'est le seul examen qui confirme ou écarte une BPCO.

Ce n'est pas que le tabac

Le cannabis, les poussières, fumées et produits chimiques respirés au travail (chantier, garage, agriculture, nettoyage industriel), la fumée de cuisine au bois dans un lieu fermé abîment aussi les bronches. Dites-le en consultation.

Le meilleur traitement : arrêter de fumer

C'est la seule mesure qui freine la BPCO. Il n'est jamais trop tard : le déclin du souffle ralentit dès l'arrêt. Le cabinet vous accompagne : substituts nicotiniques à bonne dose, remboursés sur prescription, suivi régulier, aide d'un tabacologue si besoin.

Mesurer votre dépendance au tabac (six questions, une minute)

Si la BPCO est confirmée

  • Un inhalateur qui ouvre les bronches, pour respirer plus large au quotidien.
  • Les vaccins : grippe chaque année, pneumocoque, Covid selon les recommandations. Une bronchite peut faire perdre du souffle.
  • Marcher tous les jours et, quand c'est utile, un programme de réentraînement avec un kinésithérapeute.
  • Le pneumologue, pour les formes avancées ou en cas de doute.

L'examen

La spirométrie, comment ça se passe

  1. Vous soufflez

    Assis, un pince-nez, un embout dans la bouche. Vous inspirez à fond, puis vous soufflez le plus fort et le plus longtemps possible. Le médecin vous guide et vous fait recommencer deux ou trois fois.

  2. Un médicament pour ouvrir les bronches

    Si le souffle est diminué, vous inhalez quelques bouffées d'un médicament qui ouvre les bronches.

  3. Vous soufflez à nouveau

    Un quart d'heure plus tard. La comparaison dit si le rétrécissement s'efface, comme dans l'asthme, ou s'il reste, comme dans la BPCO.

  4. Le résultat tout de suite

    Le médecin vous l'explique sur place et décide avec vous de la suite.

Ce que l'appareil mesure

Deux chiffres : la quantité d'air que vous soufflez en une seconde, et la quantité totale. Si l'air sort trop lentement, les bronches sont rétrécies.

L'examen ne fait pas mal et ne présente pas de danger. Il demande juste un effort de souffle de quelques secondes.

Pour vous préparer

  • Ne fumez pas dans l'heure qui précède. Évitez le gros repas juste avant.
  • Apportez tous vos inhalateurs. Le cabinet vous dit lesquels suspendre. à confirmer
  • Portez des vêtements qui ne serrent pas la poitrine.
  • Signalez une opération récente des yeux, du thorax ou du ventre, un infarctus ou un AVC récent, une grossesse avancée : l'examen est alors reporté.

Asthme

Bien soigné, l'asthme ne vous arrête pas

Entre deux crises, tout paraît normal. C'est pour cela qu'on oublie le traitement. Or c'est lui qui évite les crises.

  • Deux inhalateurs, deux rôles

    Le traitement de fond se prend tous les jours, même sans gêne : il calme l'inflammation des bronches. Le traitement de crise soulage en quelques minutes. Si vous avez besoin de celui-ci plus de deux fois par semaine, le traitement de fond est à revoir.

  • Le bon geste

    La moitié des inhalateurs sont mal utilisés, et le médicament reste dans la bouche. En consultation, vous montrez votre geste. Une chambre d'inhalation, ce tube en plastique, aide souvent, enfants comme adultes.

  • Un plan écrit

    Ce que vous prenez chaque jour, ce que vous faites si ça se dégrade, quand appeler. Une feuille simple, à garder sur vous.

  • Le contrôle régulier

    Une consultation pour faire le point sur les nuits, l'effort, les crises. Une spirométrie de temps en temps. Le vaccin contre la grippe chaque année.

Questions fréquentes

Je fume mais je ne suis pas essoufflé. Est-ce utile de mesurer mon souffle ?

Oui. La BPCO avance des années sans gêne nette : on s'habitue, on monte l'escalier un peu moins vite, on met ça sur le compte de l'âge. Selon la Haute Autorité de santé, de deux malades sur trois à neuf sur dix ne savent pas qu'ils l'ont. La mesure prend vingt minutes et donne un chiffre clair sur l'état de vos poumons.

Asthme ou BPCO : comment savoir ce que j'ai ?

C'est la spirométrie qui tranche. On mesure votre souffle, on vous fait inhaler un médicament qui ouvre les bronches, puis on mesure à nouveau. Si le souffle revient à la normale, c'est plutôt un asthme. S'il reste diminué, c'est plutôt une BPCO. Les deux peuvent aussi coexister.

Mon enfant tousse la nuit. Peut-il faire l'examen ?

À partir de 6 ans environ, quand il comprend la consigne et souffle fort jusqu'au bout. Avant, le diagnostic d'asthme se fait sur les symptômes, l'examen et l'effet du traitement.

Dois-je arrêter mes inhalateurs avant l'examen ?

Souvent oui, pendant quelques heures, pour mesurer votre souffle sans traitement puis voir l'effet du médicament. Le cabinet vous le précise à la prise de rendez-vous. Si vous êtes gêné, prenez votre traitement et dites-le. à confirmer

Est-ce remboursé ?

Oui, la spirométrie est un acte médical remboursé par l'Assurance maladie. Le cabinet est en secteur 1, sans dépassement d'honoraires. validation médicale nécessaire

Asthme et sport, c'est compatible ?

Oui, et c'est recommandé. Un asthme bien soigné n'empêche aucun sport. Si l'effort vous fait tousser ou siffler, c'est le traitement qu'il faut revoir, pas le sport qu'il faut arrêter.

Sources : Haute Autorité de santé, Détecter et diagnostiquer la BPCO, même sans symptôme apparent (2020) ; Santé publique France, Asthme et BPCO dans les départements d'outre-mer ; recommandations internationales GINA (asthme) et GOLD (BPCO). Textes relus par le Dr Kourech Ahmadalli. validation médicale nécessaire

Une toux qui traîne, un souffle court, des années de tabac ?

Prenez rendez-vous pour une spirométrie. Vingt minutes au cabinet, résultat expliqué sur place.