Quand parle-t-on d'insomnie ?
On parle d'insomnie quand on a du mal à s'endormir, qu'on se réveille la nuit sans se rendormir, ou qu'on se réveille trop tôt, alors qu'on a le temps et les conditions pour dormir, et que la journée en souffre : fatigue, irritabilité, difficultés de concentration. Elle est dite chronique au-delà de trois nuits par semaine depuis plus de trois mois.
Dormir peu n'est pas forcément une insomnie. Certains dorment six heures et vont bien. Ce qui compte, c'est la plainte et le retentissement.
Ce qui l'entretient
L'insomnie commence souvent par un événement : un deuil, un conflit, une période de stress, une douleur, un bébé. Puis elle s'installe, même quand l'événement est passé, parce que des habitudes se sont créées : rester au lit éveillé des heures, se coucher plus tôt « pour récupérer », faire la grasse matinée, surveiller l'heure, redouter la nuit. Le lit devient un lieu d'éveil et d'inquiétude.
Le médecin cherche aussi ce qui peut s'y cacher :
- l'anxiété et la dépression, très souvent liées ;
- les douleurs, le reflux, les levers pour uriner ;
- l'apnée du sommeil, plus fréquente qu'on ne croit chez les insomniaques, surtout chez la femme ;
- les jambes sans repos ;
- le café, le thé, les boissons énergisantes après midi, l'alcool le soir, les écrans au lit ;
- certains médicaments.
L'agenda du sommeil
Pendant deux semaines, chaque matin, vous notez l'heure du coucher, l'heure approximative d'endormissement, les réveils, l'heure du lever, les siestes, votre forme dans la journée. Cet agenda montre souvent une chose surprenante : on passe neuf heures au lit pour six heures de sommeil. C'est la base du traitement.
Le traitement qui marche : la thérapie cognitivo-comportementale
La Haute Autorité de santé la recommande en première intention pour toute insomnie qui dure. Elle se fait en quelques séances, avec un médecin ou un psychologue formé, ou avec un programme guidé. Ses outils :
- Le lit pour dormir. Pas de téléphone, de télévision ni de travail au lit. Si vous ne dormez pas au bout d'une vingtaine de minutes, levez-vous, faites quelque chose de calme dans la pénombre, et revenez quand le sommeil vient.
- Un lever fixe, tous les jours, week-end compris, quelle que soit la nuit.
- Moins de temps au lit. On réduit le temps passé au lit à la durée réelle de sommeil, puis on l'allonge à mesure que le sommeil se consolide. C'est contre-intuitif, un peu dur la première semaine, et c'est la mesure la plus efficace.
- Les pensées : on travaille sur la peur de ne pas dormir et les idées fausses (« il me faut huit heures », « demain sera une catastrophe »).
- La détente : relaxation, respiration lente, un rituel du soir.
Les effets prennent quelques semaines, et ils durent, contrairement à ceux d'un somnifère.
Les somnifères
Ils ont une place : une insomnie passagère et sévère, un événement aigu. La règle, rappelée par la HAS en 2024 : quatre semaines au maximum, diminution progressive comprise, et jamais pour traiter une insomnie chronique. Au-delà, ils perdent leur effet, entraînent une dépendance, des troubles de la mémoire, des chutes chez la personne âgée, et aggravent l'apnée du sommeil.
Si vous en prenez depuis des mois ou des années, ne les arrêtez pas d'un coup. L'arrêt se fait progressivement, sur quelques semaines à quelques mois, avec un plan écrit et un suivi. C'est possible, même après des années, et beaucoup de patients dorment mieux après.
La mélatonine à libération prolongée est autorisée pour une insomnie après 55 ans, sur une courte durée ; elle n'est pas remboursée et son effet est modeste. La mélatonine des compléments alimentaires n'a pas fait la preuve de son efficacité dans l'insomnie chronique.
Ce que fait le cabinet
- Une consultation pour comprendre votre insomnie, ce qui l'a déclenchée et ce qui l'entretient.
- L'agenda du sommeil sur deux semaines, et les questionnaires utiles.
- La recherche d'une apnée, de jambes sans repos, d'une anxiété ou d'une dépression.
- Un programme adapté, inspiré de la thérapie cognitivo-comportementale, et une orientation vers un psychologue formé quand c'est utile. à confirmer : correspondants à La Réunion.
- Si vous prenez un somnifère depuis longtemps, un plan d'arrêt progressif.
Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli, formé à la médecine du sommeil, reçoit à Sainte-Clotilde pour les troubles du sommeil : il cherche la cause, prescrit les examens utiles, dont la polygraphie ventilatoire, et suit le traitement. Prendre rendez-vous.