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Dossier apnée du sommeil

Hypertension et apnée du sommeil : quand la tension ne baisse pas malgré les médicaments

Vous prenez deux ou trois traitements, vous les prenez bien, et la tension reste haute. Avant d'ajouter un quatrième comprimé, le médecin cherche une cause. L'apnée du sommeil en est une des plus fréquentes, et l'une des rares qui se traite autrement qu'avec un médicament.

Par le Dr Thierry Kourech Ahmadalli, médecin généraliste · Mis à jour le · 5 min de lecture

des patients apnéiques sont hypertendus
40 %
la tension devrait baisser ; chez l'apnéique, elle monte
La nuit
dont un diurétique, sans résultat : c'est une hypertension résistante
3 médicaments
suffit pour traiter quand l'hypertension résiste
IAH ≥ 15

Pourquoi l'apnée fait monter la tension

À chaque arrêt de la respiration, l'oxygène baisse et le cerveau réagit par une décharge d'adrénaline. Les artères se resserrent, le cœur accélère, la tension bondit. Trente, quarante fois par heure. Au matin, le système nerveux reste réglé sur « alerte », et la tension de la journée s'en ressent.

Le signe le plus parlant est nocturne. Chez une personne en bonne santé, la tension baisse de 10 à 20 % pendant le sommeil. Chez l'apnéique, elle ne baisse pas, ou elle monte. Une mesure sur 24 heures le montre : c'est ce profil « sans creux nocturne » qui fait penser à l'apnée.

L'hypertension résistante

On parle d'hypertension résistante quand la tension reste au-dessus de l'objectif malgré trois médicaments à bonne dose, dont un diurétique, pris régulièrement. Dans ce cas, le médecin cherche une cause : un excès de sel, un médicament qui fait monter la tension, un trouble hormonal, un rein qui souffre, et l'apnée du sommeil, présente chez une grande partie de ces patients.

La Haute Autorité de santé range l'hypertension résistante parmi les maladies cardiovasculaires graves qui justifient de traiter l'apnée par pression positive dès qu'elle est modérée, c'est-à-dire à partir de 15 événements par heure, sans attendre qu'elle soit sévère.

Ce que fait le cabinet

  1. Vérifier la tension en consultation, et en dehors : automesure à la maison sur trois jours, ou mesure ambulatoire sur 24 heures (MAPA), dont le brassard se pose au cabinet.
  2. Chercher les signes d'apnée : ronflements, pauses rapportées par le conjoint, fatigue au réveil, somnolence, levers nocturnes, tour de cou, poids. Le test d'Epworth prend deux minutes.
  3. Enregistrer une nuit : la polygraphie ventilatoire, à domicile, dit combien de fois la respiration s'arrête.
  4. Traiter les deux : l'apnée, et l'hypertension, dont le traitement se réajuste ensuite.

Ce que le traitement de l'apnée change sur la tension

En moyenne, la pression positive fait baisser la tension de quelques millimètres de mercure. C'est modeste. Mais la moyenne cache deux groupes : ceux dont la tension était bien contrôlée, chez qui elle change peu, et ceux dont l'hypertension résistait, chez qui la baisse est nette, surtout la nuit. Chez ces derniers, il arrive qu'un médicament devienne inutile.

L'effet dépend de l'usage : plus l'appareil est porté longtemps chaque nuit, plus la tension baisse. Et il s'ajoute au reste : moins de sel, moins d'alcool, du mouvement, et quelques kilos de moins quand il y en a à perdre, qui agissent à la fois sur la tension et sur l'apnée.

Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

Ma tension est haute surtout le matin. Est-ce un signe ?

C'est un des profils de l'apnée : une tension élevée au réveil, qui s'améliore dans la journée. Ce n'est pas une preuve, mais c'est une raison d'en parler et de mesurer la tension sur 24 heures.

Si je traite mon apnée, pourrai-je arrêter mes médicaments ?

Parfois un, rarement tous. La décision se prend sur des mesures, quelques mois après le début du traitement, jamais de vous-même. Arrêter un traitement de la tension sans contrôle expose à une poussée.

Je n'ai pas d'apnée mais je ronfle. Dois-je m'inquiéter pour ma tension ?

Le ronflement simple, sans pauses ni fatigue, n'a pas le même effet sur la tension. Mais seul l'enregistrement fait la différence entre les deux, surtout si votre tension est déjà difficile à équilibrer.

Sources et relecture

  1. Haute Autorité de santé, « Apnées du sommeil : de nouvelles recommandations de prise en charge des patients », 10 septembre 2014. Consulter
  2. Fondation du Souffle, brochure « Syndrome des apnées-hypopnées obstructives du sommeil », 2021. Consulter
  3. Vidal, « Apnée du sommeil (SAHOS) : les traitements », mise à jour du 4 mars 2024. Consulter

Texte rédigé et relu par le Dr Thierry Kourech Ahmadalli, médecin généraliste (RPPS 10101884764), le 4 novembre 2026. Il donne une information générale et ne remplace pas une consultation. validation médicale nécessaire

Dans le dossier

Pour aller plus loin

Vous vous reconnaissez ?

Prenez rendez-vous pour en parler. Le test d'Epworth, fait sur votre téléphone, prépare la consultation ; l'enregistrement d'une nuit se décide ensemble.