- Cerveau accident vasculaire cérébral, mémoire, attention, humeur
- Cœur hypertension, fibrillation atriale, insuffisance cardiaque, maladie coronaire
- Artères paroi irritée par les chutes d'oxygène répétées, tension qui ne baisse plus la nuit
- Métabolisme résistance à l'insuline, diabète de type 2, prise de poids
- Vigilance somnolence, risque d'accident de la route multiplié par trois
Cinq cibles de l'apnée non traitée. Chacune est détaillée ci-dessous.
Ce qui se passe à chaque apnée
La gorge se ferme. Pendant dix, vingt, parfois quarante secondes, l'air ne passe plus. L'oxygène du sang baisse, le gaz carbonique monte. Le cerveau déclenche une alarme : décharge d'adrénaline, accélération du cœur, poussée de tension, micro-réveil qui rouvre la gorge. Puis le sommeil reprend, et tout recommence.
Trois choses abîment le corps dans ce cycle. Les chutes répétées d'oxygène, que les médecins appellent hypoxie intermittente, irritent la paroi des artères. Les décharges d'adrénaline maintiennent le corps en état d'alerte toute la nuit, alors qu'il devrait se reposer. Et les micro-réveils, dont on ne garde aucun souvenir, découpent le sommeil en morceaux : on dort huit heures, on se réveille comme après quatre.
Le cœur et les artères
L'hypertension est la conséquence la plus fréquente : quatre patients apnéiques sur dix sont hypertendus. La tension, qui devrait baisser la nuit, reste haute ou monte. C'est aussi l'une des causes d'hypertension « résistante », celle qui ne baisse pas malgré trois médicaments. Hypertension et apnée du sommeil détaille ce lien.
Les troubles du rythme, et d'abord la fibrillation atriale, ce rythme irrégulier fréquent après 60 ans qui expose à l'accident vasculaire cérébral. Une fibrillation qui récidive après traitement fait chercher une apnée : la Haute Autorité de santé la range parmi les maladies qui justifient de traiter une apnée même modérée.
L'insuffisance cardiaque et la maladie coronaire sont aggravées par l'apnée, et l'apnée est fréquente chez ceux qui en souffrent. Chez un patient coronarien ou dont le cœur est faible, la trouver et la traiter fait partie du traitement du cœur.
Le cerveau
L'accident vasculaire cérébral. L'apnée est un facteur de risque d'AVC, par la tension, la fibrillation et l'atteinte des artères. Après un AVC, elle est très fréquente, et la traiter fait partie de la prévention d'une récidive.
La mémoire, l'attention, l'humeur. Presque tous les patients ont des troubles de la concentration et de la mémoire, qu'ils mettent sur le compte de l'âge ou du travail. L'irritabilité, la baisse de moral, parfois une vraie dépression, font partie du tableau. Beaucoup de patients traités disent avoir « retrouvé leur tête » en quelques semaines.
Le poids et le sucre
Le manque de sommeil profond dérègle les hormones de la faim et de la satiété. On a plus faim, surtout de sucre, et on bouge moins parce qu'on est fatigué. Le poids monte, le cou s'épaissit, la gorge se ferme plus facilement : le cercle se referme. L'apnée favorise aussi la résistance à l'insuline et le diabète de type 2, et complique l'équilibre d'un diabète existant.
La vie de tous les jours
- La somnolence. S'endormir devant la télévision, en réunion, au volant. Le risque d'accident de la route est multiplié par trois. Apnée et permis de conduire dit ce que prévoit la loi.
- Les nuits. Se lever deux ou trois fois pour uriner, se réveiller la bouche sèche, avec mal à la tête.
- Le couple. Le ronflement qui chasse le conjoint de la chambre, la baisse de libido, les troubles de l'érection, fréquents et réversibles sous traitement.
- Le travail. Les erreurs d'inattention, les accidents du travail, la fatigue qu'on traîne.
Ce que le traitement change
Traitée, l'apnée cesse de découper le sommeil. La somnolence recule en quelques jours à quelques semaines, les levers nocturnes diminuent, le ronflement disparaît sous pression positive. La tension baisse, modestement en moyenne, davantage chez ceux dont l'hypertension résistait. Le risque d'accident de la route redevient celui de tout le monde.
Sur le cœur, les études montrent moins d'événements chez les patients qui utilisent bien leur appareil, mais la preuve d'une protection directe reste débattue. Ce qui ne l'est pas : la somnolence, la qualité de vie, la tension nocturne et la fibrillation récidivante s'améliorent. C'est déjà beaucoup.
Qui est le plus exposé
- Le surpoids : sept patients sur dix sont en surpoids. Le tour de cou compte plus que le poids total.
- L'âge : plus fréquent après 50 ans, très fréquent après 65 ans.
- Le sexe masculin, mais l'écart se réduit après la ménopause. L'apnée chez la femme a ses signes propres.
- L'anatomie : mâchoire en retrait, palais étroit, grosses amygdales, nez bouché.
- L'alcool le soir, les somnifères, le tabac.
- Les antécédents familiaux.
Le point commun de ces patients : la plupart ne savent pas qu'ils ont une apnée. Huit sur dix ne sont pas diagnostiqués. Le premier pas tient en deux minutes : le test de somnolence d'Epworth, puis une consultation, puis un enregistrement d'une nuit, chez vous.
Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.