Comment ça marche
L'apnée vient d'une gorge qui se ferme quand les muscles se relâchent. La PPC envoie dans le nez, par un masque, de l'air à une pression légèrement supérieure à celle de la pièce. Cet air fait office d'attelle : il maintient la gorge ouverte, et l'apnée ne peut plus se produire. Dès la première nuit bien réglée, les arrêts respiratoires disparaissent.
Ce n'est pas de l'oxygène, et l'appareil ne respire pas à votre place. Il souffle doucement ; vous respirez normalement.
Pour qui
La Haute Autorité de santé la recommande en première intention quand l'apnée est sévère, au-delà de 30 événements par heure, et dès 15 par heure quand le sommeil est très fragmenté ou qu'une maladie cardiovasculaire grave est associée : hypertension résistante, fibrillation atriale récidivante, insuffisance cardiaque, maladie coronaire mal contrôlée, antécédent d'AVC. Entre 15 et 30 sans ces maladies, l'orthèse d'avancée mandibulaire vient en premier.
La mise en place
- La prescription, après l'enregistrement du sommeil, avec une demande d'entente préalable à l'Assurance maladie.
- Le prestataire vient chez vous ou vous reçoit : il installe l'appareil, vous fait essayer plusieurs masques, règle la pression. Vous choisissez le prestataire ; le cabinet peut vous en indiquer. à confirmer : prestataires avec lesquels le cabinet travaille à La Réunion.
- Le masque est le point décisif. Narinaire (deux petits embouts dans les narines), nasal (couvre le nez), facial (nez et bouche, si vous respirez par la bouche). Un masque qui fuit, qui serre ou qui marque est un masque à changer, pas à supporter.
- La pression est le plus souvent automatique : l'appareil l'adapte à chaque respiration. Une rampe la fait monter en douceur pendant que vous vous endormez.
- Le suivi : le prestataire revient, l'appareil transmet chaque nuit sa durée d'utilisation et le nombre d'apnées restantes. Le médecin lit ces chiffres avec vous.
Les premières semaines
La plupart des abandons ont lieu dans le premier mois, et presque tous ont une cause qui se règle.
- Nez sec, bouche sèche, nez bouché : l'humidificateur chauffant, livré avec l'appareil, se règle. Un sérum physiologique ou un traitement du nez aident.
- Fuites d'air, bruit, marques sur le visage : taille ou modèle de masque à changer. Les appareils actuels font moins de bruit qu'un réfrigérateur.
- Sensation d'étouffer, d'être enfermé : porter le masque dans la journée, appareil allumé, en lisant ou devant la télévision, dix minutes par jour, jusqu'à l'oublier. Le masque narinaire est souvent mieux supporté.
- Ballonnements : avaler de l'air arrive au début ; la pression se réajuste.
- On l'enlève en dormant : fréquent les premières nuits ; cela passe avec l'habitude et un masque mieux ajusté.
Ce qui aide le plus : savoir pourquoi on le fait. Notez votre fatigue, vos levers la nuit, votre humeur avant de commencer. Comparez trois semaines plus tard.
Combien d'heures, et le remboursement
La règle est simple : toutes les nuits, toute la nuit. L'appareil n'agit que quand il est porté ; les apnées reviennent dès qu'on l'enlève. L'Assurance maladie prend en charge la location de l'appareil et son suivi, après entente préalable, avec un premier renouvellement à quatre mois puis chaque année. Cette prise en charge suppose une utilisation régulière, mesurée par l'appareil : sur chaque période de 28 jours, 112 heures ou plus, soit 4 heures par nuit en moyenne, donnent la prise en charge complète ; en dessous de 56 heures, le traitement est remis en question avec le médecin. Le détail du remboursement.
Ce que vous pouvez attendre
Le ronflement cesse la première nuit. La somnolence recule en quelques jours à quelques semaines. Les levers nocturnes diminuent, les maux de tête du matin disparaissent, la concentration revient. La tension baisse, surtout la nuit, surtout si elle résistait. Le conjoint dort aussi.
Si la fatigue persiste malgré un appareil bien utilisé, on ne s'en contente pas : on vérifie les réglages, les fuites, le sommeil lui-même, et on cherche une autre cause.
Au quotidien
- Entretien : masque rincé chaque jour, tuyau et réservoir chaque semaine, filtres selon le prestataire.
- Voyages : l'appareil tient dans un bagage à main et passe en cabine ; une batterie existe pour le camping ou les coupures de courant. À l'étranger, un adaptateur suffit.
- Rhume : le masque facial dépanne quand le nez est bouché ; l'humidificateur aide.
- Barbe, dentier, lunettes : tout se gère par le choix du masque.
Et si, malgré tout, la PPC ne passe pas : on ne reste pas sans traitement. L'orthèse d'avancée mandibulaire est l'alternative reconnue en cas de refus ou d'intolérance.
Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.