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Dossier apnée du sommeil

Polygraphie ventilatoire : l'examen de l'apnée du sommeil, une nuit chez vous

Un boîtier de la taille d'un téléphone, quatre capteurs, une nuit dans votre lit. Au matin, des heures de respiration enregistrées, que le médecin relit signal par signal. C'est l'examen qui dit, chiffres à l'appui, si vous faites des apnées, combien, et à quel point elles comptent.

Par le Dr Thierry Kourech Ahmadalli, médecin généraliste · Mis à jour le · 6 min de lecture

dans votre lit, à vos horaires
1 nuit
débit d'air, thorax, ventre, oxygène, ronflement et position
5 signaux
le nombre d'apnées et d'hypopnées par heure
IAH
par le médecin, pas seulement par le logiciel
Relu
Les capteurs de la polygraphie ventilatoirePersonne allongée dans son lit avec cinq capteurs numérotés : la canule sous le nez, la ceinture thoracique, la ceinture abdominale, la pince au doigt, et le micro au cou, reliés à un petit boîtier posé sur la poitrine.12345
  1. Canule nasale deux petits embouts sous le nez mesurent le débit d'air
  2. Ceinture thoracique les mouvements de la poitrine
  3. Ceinture abdominale les mouvements du ventre : ensemble, elles disent si vous essayez de respirer
  4. Pince au doigt l'oxygène dans le sang et le pouls
  5. Micro le ronflement ; le boîtier enregistre aussi votre position

Ce que mesure l'examen

La polygraphie ventilatoire enregistre votre respiration pendant le sommeil. Elle compte deux choses : les apnées, où l'air ne passe plus pendant au moins dix secondes, et les hypopnées, où il passe mal, avec une baisse d'oxygène ou un micro-réveil. Elle dit aussi si la poitrine et le ventre continuent de faire l'effort de respirer pendant l'arrêt : c'est ce qui distingue l'apnée obstructive, la plus fréquente, de l'apnée dite centrale.

Elle n'enregistre pas le sommeil lui-même : ni les stades, ni les rêves. Pour cela, il faut une polysomnographie. Quand l'apnée est fortement suspectée, la polygraphie suffit dans la grande majorité des cas ; c'est l'examen recommandé en première intention. Polygraphie ou polysomnographie : la différence.

Avant : la consultation

L'examen se prescrit après une consultation. Le médecin fait le point sur vos nuits, votre fatigue, vos traitements, votre tension, votre poids, votre tour de cou. Il vous fait remplir l'échelle de somnolence d'Epworth, examine la gorge et le nez. S'il pense à autre chose qu'une apnée, insomnie, jambes sans repos, somnolence d'une autre cause, il le dit, et l'examen n'est pas forcément le bon.

La pose des capteurs

  • Une canule sous le nez, comme une petite lunette à oxygène, mesure le débit d'air.
  • Deux ceintures souples, sur la poitrine et sur le ventre, enregistrent les mouvements respiratoires.
  • Une pince au doigt mesure l'oxygène du sang et le pouls.
  • Le boîtier, fixé sur la poitrine, enregistre le ronflement et la position : sur le dos, sur le côté.

Rien ne fait mal, rien ne pique. La pose se fait au cabinet : on vous montre comment tout replacer si un capteur bouge, et vous rentrez dormir chez vous.

La nuit

  • Couchez-vous à votre heure habituelle. Le but est d'enregistrer une nuit ordinaire, pas une nuit parfaite.
  • Prenez vos traitements habituels, sauf avis contraire du médecin. Pas d'alcool ce soir-là, sauf si c'est votre habitude et que le médecin vous demande de ne rien changer.
  • Si vous vous levez, laissez les capteurs en place ; si la canule tombe, remettez-la.
  • Notez l'heure du coucher, l'heure du lever et les réveils dont vous vous souvenez. Ils aident à lire le tracé.

Beaucoup de patients disent avoir moins bien dormi que d'habitude. C'est fréquent, et l'enregistrement reste presque toujours exploitable : quelques heures de sommeil suffisent pour compter les apnées.

La lecture du tracé

Le lendemain, vous rapportez le boîtier. Le logiciel propose un premier comptage ; il se trompe régulièrement, en comptant un mouvement pour une apnée ou en manquant une hypopnée. Le médecin relit donc l'enregistrement lui-même, période par période, comme le demandent les règles de bonne pratique de la Société française de recherche et médecine du sommeil. C'est ce qui fait la fiabilité du résultat.

Comprendre le résultat

  • L'IAH, index d'apnées-hypopnées, est le nombre d'événements par heure. Moins de 5 : normal chez l'adulte. De 5 à 15 : apnée légère. De 15 à 30 : modérée. Plus de 30 : sévère.
  • L'oxygène : combien de fois il baisse par heure, jusqu'où, et combien de temps vous passez sous 90 %.
  • La position : chez certains, les apnées n'arrivent que sur le dos, ce qui change le traitement.
  • Le type d'apnée : obstructive, centrale ou mixte.

Le chiffre seul ne décide pas. Un IAH à 18 chez une personne somnolente au volant ne se traite pas comme un IAH à 18 sans aucun symptôme. Le résultat se discute en consultation, avec vos symptômes et votre santé. Les traitements, selon la sévérité.

Quand l'examen ne suffit pas

La polygraphie peut sous-estimer les apnées, puisqu'elle ne sait pas quand vous dormez vraiment. Si elle est normale alors que les symptômes sont nets, si l'on soupçonne un autre trouble du sommeil, ou si l'enregistrement est de mauvaise qualité, le médecin demande une polysomnographie dans un centre du sommeil, ou refait l'examen. à confirmer : correspondants et délais à La Réunion.

Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

Faut-il être hospitalisé ?

Non. La polygraphie se fait chez vous, dans votre lit. Seule la polysomnographie se fait parfois en laboratoire du sommeil.

Puis-je faire l'examen si je dors mal ou si je travaille de nuit ?

Oui, en adaptant l'enregistrement à vos horaires. Dites-le en consultation : une insomnie sévère peut faire préférer un autre examen.

Combien de temps pour avoir le résultat ?

Le temps que le médecin relise le tracé. Le résultat vous est expliqué en consultation. Délai habituel : à confirmer.

L'examen est-il remboursé ?

Oui, c'est un acte pris en charge par l'Assurance maladie sur prescription, en secteur 1 sans dépassement, avec tiers payant. Ce qui est remboursé, de la consultation à la PPC.

J'ai une barbe, un nez bouché, je dors la bouche ouverte. Est-ce un problème ?

Non. La canule se place sous le nez et la mesure reste possible. Signalez un nez très bouché : on adapte la façon de lire le tracé.

Sources et relecture

  1. Société française de recherche et médecine du sommeil, charte des bonnes pratiques de la polygraphie ventilatoire (niveau 4), 2025, mise à jour juin 2026. Consulter
  2. Haute Autorité de santé, « Place et conditions de réalisation de la polysomnographie et de la polygraphie respiratoire dans les troubles du sommeil », rapport d'évaluation, 2012. Consulter
  3. Haute Autorité de santé, « Apnées du sommeil : de nouvelles recommandations de prise en charge des patients », 10 septembre 2014. Consulter

Texte rédigé et relu par le Dr Thierry Kourech Ahmadalli, médecin généraliste (RPPS 10101884764), le 4 novembre 2026. Il donne une information générale et ne remplace pas une consultation. validation médicale nécessaire

Dans le dossier

Pour aller plus loin

Vous vous reconnaissez ?

Prenez rendez-vous pour en parler. Le test d'Epworth, fait sur votre téléphone, prépare la consultation ; l'enregistrement d'une nuit se décide ensemble.