Le risque, concrètement
La somnolence de l'apnéique n'est pas une fatigue ordinaire. C'est un sommeil qui s'impose, par bouffées, sans prévenir : au feu rouge, sur une route droite, après le déjeuner. Les accidents liés à la somnolence sont souvent graves : pas de freinage, sortie de route, choc frontal. Les professionnels de la route, qui cumulent les heures et les nuits courtes, sont les plus exposés.
Les signes qui doivent alerter au volant : les paupières lourdes, les bâillements en série, la difficulté à garder sa voie, le fait de ne plus se souvenir des derniers kilomètres, et, le plus trompeur, l'impression de « pouvoir tenir ».
Ce que prévoit la loi
La liste des affections médicales incompatibles avec la conduite est fixée par l'arrêté du 28 mars 2022. La somnolence excessive, dont celle de l'apnée du sommeil, y figure. En résumé, et sous réserve du texte lui-même :
- Tant que la somnolence n'est pas traitée, la conduite est incompatible. Cela vaut pour le permis voiture comme pour les permis professionnels.
- Une fois le traitement en place et efficace, attesté par un spécialiste, la conduite redevient possible : compatibilité temporaire, renouvelée périodiquement, plus souvent pour les permis poids lourds et transport de personnes que pour le permis voiture. validation médicale nécessaire : durées exactes selon le groupe de permis.
- Ce n'est pas le médecin traitant qui décide. C'est un médecin agréé par la préfecture, que le conducteur doit consulter. Le médecin traitant informe, conseille, et le note dans le dossier.
Deux choses à savoir. Le médecin est tenu au secret : il ne signale pas son patient à la préfecture. Et c'est le conducteur qui porte la responsabilité : conduire en sachant qu'on souffre d'une somnolence non traitée engage sa responsabilité civile et pénale en cas d'accident, et peut poser problème avec l'assurance.
Ce que fait le cabinet
- Mesurer la somnolence, avec l'échelle d'Epworth et vos réponses sur la conduite. La dernière question du test porte précisément sur le volant.
- Confirmer l'apnée par un enregistrement d'une nuit, et en mesurer la sévérité.
- Vous dire clairement, et l'écrire, si vous ne devez pas conduire pour l'instant. Ce n'est pas une sanction : c'est une information qui vous protège.
- Mettre en route le traitement vite, et vérifier qu'il marche : la somnolence recule en général en quelques semaines sous pression positive. Puis vous orienter vers le médecin agréé pour régulariser votre situation.
En attendant, et après
- Ne prenez pas le volant quand vous sentez le sommeil venir. Vingt minutes de sieste sur une aire valent mieux que tous les cafés.
- Évitez les longs trajets en début d'après-midi et la nuit, l'alcool même modéré, les somnifères.
- Une fois traité : utilisez l'appareil toutes les nuits. Une nuit sans traitement, c'est une journée à risque.
- Chauffeurs, livreurs, conducteurs d'engins : parlez-en au médecin du travail. L'apnée traitée n'est pas un obstacle à votre métier ; l'apnée cachée, si.
Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.