Des signes qui ne ressemblent pas au cliché
Les femmes apnéiques rapportent moins souvent un ronflement sonore ou des pauses entendues ; elles dorment plus souvent seules, ou leur ronflement est plus discret. Ce qu'elles décrivent d'abord :
- une fatigue de fond, dès le matin, que rien ne répare ;
- un sommeil haché, des réveils fréquents, une insomnie qu'on traite parfois à tort par des somnifères, qui aggravent l'apnée ;
- des maux de tête au réveil ;
- une humeur basse, de l'irritabilité, des troubles de la concentration, parfois étiquetés dépression ou surmenage ;
- des levers nocturnes pour uriner ;
- une prise de poids qui résiste.
Aucun de ces signes n'est spécifique. Ensemble, chez une femme après 45 ans, ils justifient de chercher.
La ménopause
Avant la ménopause, les hormones féminines protègent en partie la gorge du relâchement nocturne et la respiration de l'instabilité. Après, cette protection disparaît : la fréquence de l'apnée augmente nettement et rejoint celle des hommes du même âge. La prise de poids et la redistribution de la graisse vers le cou et l'abdomen y contribuent. Les bouffées de chaleur, les réveils nocturnes et la fatigue de la ménopause masquent facilement ceux de l'apnée.
La grossesse
Le ronflement apparaît ou s'aggrave souvent en fin de grossesse. Une vraie apnée du sommeil pendant la grossesse augmente le risque d'hypertension gravidique, de pré-éclampsie et de diabète gestationnel. Une femme enceinte qui ronfle fort, se réveille fatiguée et dont la tension monte doit en parler à son médecin : l'enregistrement est possible pendant la grossesse, et le traitement aussi.
Pourquoi le diagnostic arrive tard
Parce que les questionnaires et les réflexes ont été construits sur les hommes. Parce que la fatigue d'une femme est trop souvent rangée sous « stress », « charge mentale » ou « hormones ». Parce que la plainte principale, l'insomnie, oriente vers un somnifère plutôt que vers un enregistrement. Et parce que les femmes, à sévérité égale, ont souvent moins d'événements par heure mais un sommeil plus perturbé : un enregistrement qu'on juge « léger » peut déjà expliquer beaucoup.
Ce que fait le cabinet
- Écouter la plainte telle qu'elle est : fatigue, insomnie, humeur, plutôt que d'attendre le ronflement.
- Mesurer la somnolence, et poser les questions sur les nuits, la tension, le poids, le cou.
- Enregistrer une nuit chez vous, comme pour tout le monde.
- Traiter : orthèse ou pression positive selon la sévérité, et revoir ce qui a été mis sur le compte de la ménopause ou de la dépression.
Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.