Comment ça marche
Pendant le sommeil, la langue se relâche et recule vers le fond de la gorge : c'est l'une des causes principales de l'apnée. Le nerf hypoglosse est le nerf qui commande la langue. Le stimulateur, de la taille d'une montre, est placé sous la peau du haut de la poitrine. Un capteur repère chaque inspiration, et une électrode posée sur le nerf envoie une petite impulsion qui fait avancer la langue au bon moment. La gorge reste ouverte, l'air passe.
Vous l'allumez le soir avec une télécommande, vous l'éteignez au réveil. Il n'y a ni masque, ni tuyau, ni appareil sur la table de nuit.
Pour qui
Les critères de prise en charge sont stricts :
- une apnée obstructive modérée à sévère, entre 15 et 50 événements par heure, avec des symptômes ;
- un échec ou une intolérance de la PPC, et une orthèse d'avancée mandibulaire inefficace ou impossible ;
- un indice de masse corporelle inférieur à 32 ;
- 18 ans ou plus ;
- peu d'apnées dites centrales, moins d'un quart ;
- une gorge qui ne se ferme pas « en anneau » au niveau du voile du palais, ce que montre un examen spécial.
Autrement dit : ce n'est pas une alternative au masque pour qui n'a pas essayé. C'est une solution pour ceux chez qui le reste a vraiment échoué, et dont l'anatomie s'y prête.
Les examens avant la décision
- Un enregistrement récent du sommeil, qui confirme la sévérité et le type d'apnée.
- Une endoscopie sous sommeil induit : sous une anesthésie légère, l'ORL regarde avec une fine caméra comment la gorge se ferme pendant le sommeil. Si elle se ferme en anneau au niveau du voile, l'implant ne marchera pas, et il n'est pas posé.
- Une décision d'équipe, dans un centre qui réunit ORL, anesthésistes et médecins du sommeil.
L'opération et la suite
L'implantation se fait sous anesthésie générale, par un ORL entraîné, avec en général une nuit d'hospitalisation. Le stimulateur n'est pas activé tout de suite : on attend la cicatrisation, puis on le règle progressivement, et un enregistrement du sommeil, entre le deuxième et le quatrième mois, fixe les bons réglages. Le suivi est ensuite annuel.
Ce qu'on peut en attendre
Dans les études du dispositif disponible en France, le nombre d'apnées baisse en moyenne d'environ deux tiers à un an, la somnolence et la qualité de vie s'améliorent, et l'effet se maintient à trois ans. Environ un patient sur quatre a un effet indésirable, le plus souvent passager : gêne à la langue, irritation, douleur de la cicatrice, sommeil perturbé au début. Une nouvelle intervention, pour réviser ou retirer l'implant, concerne quelques pour cent des patients à trois ans.
Comme tout traitement de l'apnée, il n'agit que s'il est allumé : toutes les nuits.
À La Réunion
L'implantation se fait dans des centres spécialisés, en nombre limité, et l'Assurance maladie encadre le nombre de dispositifs remboursés chaque année. à confirmer : centre le plus proche et délais pour les patients réunionnais. Le rôle du cabinet : vérifier que vous remplissez les critères, refaire l'enregistrement si besoin, et vous adresser au bon endroit avec un dossier complet.
Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.