Comment le médecin choisit
La décision repose sur l'enregistrement du sommeil et sur vous. La sévérité, d'abord : le nombre d'apnées et d'hypopnées par heure, légère de 5 à 15, modérée de 15 à 30, sévère au-delà de 30. Les symptômes ensuite : somnolence, fatigue, réveils, et leur retentissement sur votre travail, votre conduite, votre couple. Les maladies associées enfin : hypertension résistante, fibrillation atriale, insuffisance cardiaque, maladie coronaire, antécédent d'AVC, qui font traiter plus tôt et plus complètement.
La Haute Autorité de santé résume la règle : traitement par pression positive en première intention quand l'apnée est sévère, ou dès qu'elle est modérée avec un sommeil très fragmenté ou une maladie cardiovasculaire grave ; orthèse d'avancée mandibulaire en première intention dans l'apnée modérée sans ces maladies ; et dans tous les cas, les mesures qui suivent.
Ce qui s'applique à tout le monde
- Le poids. Sept patients sur dix sont en surpoids. Perdre 10 % de son poids réduit nettement le nombre d'apnées, parfois jusqu'à les faire passer sous le seuil de traitement. C'est le seul traitement qui agit sur la cause.
- La position. Chez beaucoup, les apnées surviennent surtout sur le dos. Dormir sur le côté, avec un dispositif qui empêche de se retourner (ceinture, coussin, balle de tennis cousue dans le dos du pyjama), suffit parfois dans les formes légères, dites positionnelles.
- L'alcool le soir, les somnifères, les relaxants musculaires, qui relâchent la gorge et allongent les apnées : à éviter.
- Le nez. Un nez bouché force à respirer par la bouche et aggrave tout : rhinite, polypes, cloison déviée se traitent.
- Le tabac, qui irrite et gonfle les voies aériennes.
- Dormir assez, à heures régulières : la dette de sommeil aggrave la somnolence et les apnées.
La pression positive continue (PPC)
Un masque relié à un petit appareil envoie de l'air à une pression légèrement supérieure à celle de la pièce : cet air fait office d'attelle et garde la gorge ouverte. C'est le traitement le plus efficace : les apnées disparaissent dès la première nuit bien réglée. Sa limite est l'observance : il faut la porter toutes les nuits, et les premières semaines décident de tout. Vivre avec la PPC détaille le masque, les réglages, les problèmes courants et la prise en charge.
L'orthèse d'avancée mandibulaire
Deux gouttières emboîtées, faites sur mesure par un dentiste formé, qui avancent la mâchoire inférieure de quelques millimètres pendant la nuit et dégagent la gorge. Un peu moins efficace que la PPC sur les apnées, souvent mieux supportée, donc mieux portée. Première intention dans l'apnée modérée sans maladie cardiovasculaire grave, et alternative à la PPC quand celle-ci est refusée ou mal tolérée. Pour qui, comment elle est fabriquée, ce qu'elle coûte.
La chirurgie
Elle s'adresse à une minorité de patients, quand un obstacle anatomique précis est en cause ou quand les autres traitements ont échoué.
- ORL : ablation des amygdales et des végétations, surtout chez l'enfant, où c'est le traitement de première intention ; chirurgie du voile du palais chez l'adulte, dont les résultats sont variables et s'estompent souvent avec le temps ; chirurgie du nez quand il est obstrué.
- Maxillo-faciale : l'avancée des deux mâchoires, intervention lourde mais très efficace, réservée à des cas sélectionnés, en général jeunes, avec un recul de la mâchoire.
- La stimulation du nerf hypoglosse : un petit stimulateur implanté sous la peau fait avancer la langue à chaque inspiration et l'empêche de fermer la gorge. Remboursée en France depuis 2024, elle est réservée aux apnées modérées à sévères quand la PPC et l'orthèse ont échoué, sous conditions de poids et d'anatomie, dans des centres spécialisés. L'implant, pour qui et comment.
- La chirurgie de l'obésité, quand elle est indiquée pour elle-même, fait souvent reculer l'apnée.
Les médicaments
Pendant longtemps, aucun médicament n'a agi sur l'apnée du sommeil. Cela change. En 2024, un essai publié dans le New England Journal of Medicine a montré qu'un traitement injectable de l'obésité, pris pendant un an, réduisait de plus de la moitié, en moyenne, le nombre d'apnées et d'hypopnées par heure chez des patients obèses atteints d'apnée modérée à sévère. Aux États-Unis, ce médicament est autorisé dans cette indication depuis la fin de l'année 2024.
Ce qu'il faut en retenir : il agit surtout par la perte de poids ; il concerne les patients obèses, pas les autres ; il s'ajoute au traitement de l'apnée sans le remplacer d'emblée, et un nouvel enregistrement dit ensuite si la PPC ou l'orthèse restent nécessaires. Ses effets indésirables sont surtout digestifs. Ses conditions de prescription et de remboursement en France se discutent en consultation. validation médicale nécessaire Poids et apnée : ce que ça change vraiment.
Des stimulants de la vigilance existent pour la somnolence qui persiste malgré une PPC bien suivie, sur avis spécialisé.
Méfiez-vous des sprays, bandelettes, oreillers et appareils « anti-apnée » vendus sans ordonnance : aucun n'a montré d'effet sur les apnées.
Le suivi, quel que soit le traitement
On vérifie que le traitement est porté, qu'il supprime les apnées, un nouvel enregistrement à l'appui pour l'orthèse, les données de l'appareil pour la PPC, et que les symptômes reculent : somnolence, tension, poids, qualité de vie. Si quelque chose ne va pas, on ajuste : masque, pression, avancée de l'orthèse, ou changement de stratégie. Et si vous perdez beaucoup de poids, on réévalue : le traitement peut parfois s'arrêter.
Le dépistage et le suivi se font au cabinet ; la PPC est prescrite par le Dr Kourech Ahmadalli quand les conditions sont réunies, sinon par un pneumologue, et installée par un prestataire ; l'orthèse est fabriquée par un dentiste formé. Le dépistage, étape par étape.
Ce que fait le cabinet. Le Dr Kourech Ahmadalli reçoit à Sainte-Clotilde, pose l'indication et réalise la polygraphie ventilatoire à domicile. Il travaille avec des pneumologues, des ORL et des dentistes formés à l'orthèse pour la suite. Prendre rendez-vous.